Depuis son penalty victorieux contre Marseille le 4 mars dernier, Aruna Dindane n'a plus trouvé le chemin des filets. A l'heure où se profile un déplacement à Bordeaux, l'Ivoirien promet de se réveiller.
Aruna Dindane, le sourire est-il revenu sur les visages lensois après la victoire contre Le Mans (2-0) ?
C'est sûr que ça fait plaisir. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas gagné. Après une victoire, la semaine et les entraînements qui suivent sont toujours mieux vécus.
Que retenez-vous de cette victoire ?
On a été costauds et on n'a rien lâché. Il y avait quand même de la pression parce que ça faisait un moment qu'on ne gagnait plus mais on a été très solides. Nos efforts ont payé en seconde mi-temps.
Face au Mans, vous avez disputé l'un de vos meilleurs matchs depuis des semaines. Partagez-vous cette opinion ?
C'est vrai que j'ai traversé un moment un peu difficile dernièrement. C'était dû au nombre de matchs joués depuis le début de la saison mais aussi à une blessure à un tibia et qui fait que je ne suis pas toujours bien. Mais là, je me suis un peu reposé. Ça m'a donné un peu plus de jus que d'habitude et du coup, j'étais mieux contre Le Mans. Même si je n'ai pas marqué, j'ai fait beaucoup d'appels et tout s'est bien passé.
Justement, il ne vous manque plus qu'à marquer...
Ça fait longtemps que je n'ai pas trouvé le chemin des filets mais comme je l'ai déjà dit, je ne me focalise pas là-dessus. Si je ne marque pas, il y a Seydou (ndlr : Keita) pour le faire et si ce n'est pas lui, ce sera un autre.
Seydou Keita n'est plus qu'à un but de vous au classement des buteurs. Une petite compétition existe-t-elle entre vous ?
Non, pas du tout. C'est vrai que moi, je suis en hibernation en ce moment. Mais je vais bientôt en sortir ! Concernant Seydou, je suis content qu'il marque parce qu'on a besoin de ça et de confiance en ce moment. C'est bien, il regarde comment je fais (rires) !
En tant qu'attaquant, quel regard portez-vous sur ses performances devant le but ?
Je le connaissais déjà avant, même si je n'avais jamais joué avec lui. Depuis que je suis arrivé à Lens il y a bientôt deux ans, je remarque qu'il monte en puissance. Il est en train de montrer qu'il peut marquer beaucoup de buts. Quand on a un milieu défensif qui possède une telle capacité devant les cages adverses, c'est tant mieux. On ne va pas s'en priver !
Contre Le Mans, l'équipe a semblé davantage porté vers le but adverse. Etait-ce une consigne de Francis Gillot ?
Non. Je tiens à souligner qu'on était un peu fatigués ces dernières semaines et comme on n'a pas un très gros effectif, on l'a payé cash. Mais c'est un peu pareil pour quasiment toutes les équipes. Pour nous, c'était un mauvais moment. Maintenant qu'on a retrouvé notre deuxième place, on ne va rien lâcher. On a connu une période un peu difficile où le dernier coup de rein nous faisait défaut. Mais c'est en train de revenir et on va essayer de continuer comme ça.
Avec Bordeaux, Toulouse et Lyon, la suite du calendrier s'annonce corsée pour Lens...
Ce qui nous manquait, c'était de gagner à nouveau. Pendant un mois et demi, on a cherché en vain un match référence. Maintenant qu'on l'a, on est mieux, plus sûrs de nous. On est dans les meilleures conditions pour aborder les matchs qui viennent.
Ces derniers mois, on vous a beaucoup vu évoluer seul en pointe. Cela-vous plaît-il ?
Mon poste préféré, c'est deuxième attaquant. Maintenant, j'ai toujours dit que ça ne me dérangeait pas de rendre service à l'équipe. Si le coach vient me voir et me dit : « Aruna, je veux que tu fasses ça », qu'il s'agisse d'évoluer seul en pointe ou sur un côté, ce n'est pas grave, je vais le faire. C'est le coach qui décide et c'est lui qui sait où je peux apporter le plus.
Avez-vous perdu confiance à un moment donné durant cette passe difficile ?
(Il réfléchit) Je ne vais pas parler de moi. Je pense que ça concernait toute l'équipe. Chacun est différent et a sa façon de préparer les matchs. Personnellement, même si ça ne va pas trop, j'essaye de jouer comme je sais le faire. Quand on ne gagne pas nos matchs, ça fait un peu plonger la confiance. Mais toute l'équipe est sortie de cette mauvaise passe et c'est ça qu'il faut retenir.
A Bordeaux, vous croiserez votre ancien partenaire d'attaque Jussiê. Vous manque-t-il ?
Le départ de Jussiê a été une perte pour tout le monde. Ce n'est pas parce qu'il s'en est allé à Bordeaux qu'on va dire que c'est le plus mauvais joueur. On connaît ses qualités et je le dis clairement, on a perdu un bon joueur. Il faut faire avec.
Comment appréhendez-vous ce match face aux Girondins ?
Ils sont costauds et possèdent de bons joueurs. Ils ont un entraîneur brésilien, Ricardo, et aiment donc naturellement faire le jeu. Mais ils sont aussi solides et ne prennent pas beaucoup de buts. Ils reviennent bien mais nous aussi on est là. On n'est pas deuxièmes par hasard et on va se rendre au stade Chaban-Delmas pour essayer de prendre des points. Peu importe que ce soit chez eux, on va jouer notre jeu. On a eu du mal ces derniers mois mais désormais, on a confiance. Ce sera un gros match et ça fait plaisir de pouvoir jouer contre de grosses équipes comme ça. Il n'y a pas beaucoup de points d'écart entre le dixième et nous dans ce championnat où seul Lyon est sorti du lot. Si on veut avoir la deuxième place, il va de toute façon falloir aller la chercher !
La fin de saison approche et votre nom apparaît déjà dans les colonnes transferts des journaux. On vous annonce notamment à Paris. Qu'en est-il ?
C'est toujours comme ça. C'est toujours en fin de saison que les gens commencent à parler. Mais moi, j'ai deux ans de contrat avec Lens. L'objectif du club est de jouer la Ligue des Champions et moi, je suis là pour ça. Je me sens bien ici et pour l'instant, je ne pense pas à tout ça.
Avez-vous trouvé à Lens ce que vous étiez venu chercher à votre arrivée ?
Oui. Même si j'ai connu une première année difficile, je voulais jouer dans un bon championnat. Car contrairement à ce qu'on peut dire, et même si les clubs ne sont pas aussi riches qu'ailleurs, la L1 est d'un bon niveau. C'est l'un des championnats les plus difficiles d'Europe et il est assez tactique. Tu es attaquant, tu défends, tu es défenseur, tu attaques. Je discute souvent avec des joueurs qui ont joué dans plusieurs championnats et ils sont unanimes pour dire que c'est l'un des plus durs. Il faut vraiment être sur le terrain pour savoir que rien n'est facile en France.
Avez-vous l'impression d'avoir évolué depuis que vous jouez en L1 ?
Je suis content parce que j'ai progressé dans beaucoup de choses, notamment dans les domaines tactiques et défensifs. Avant, ça ne faisait pas partie de mon jeu alors que désormais, je reviens un peu en défense.
On voit des équipes comme le PSG ou Nantes jouer le maintien, ce qui semble impossible en Belgique pour les ténors comme Anderlecht, votre ancien club, Bruges ou le Standard. Comment l'expliquez-vous ?
Je pense que ça vient du niveau. Tu n'es jamais sûr de gagner contre le dernier. Il ne faut pas avoir honte de dire que Sedan est venu chez nous pour faire jeu égal. Dans le jeu, il y a beaucoup de bonnes choses chez les derniers.